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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 09:49

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Il y a des films qu’on ne connaitra pas, d’autres qu’on ne veut pas connaître et d’autres à côté desquels on passe sans vraiment les voir ou le vouloir. Un titre bizarre, un réalisateur particulier, des critiques violentes, une affiche peu inspirée rebutent en général le spectateur, et ce avant même d’avoir lu la moindre ligne du scénario. Et puis il y a Michael Kohlhaas.

 

There are films that we will never know, others that we don’t want to know, and others still that we pass by without really seeing, or wanting to. A strange title, an unusual director, powerful criticisms, and a less than inspiring poster have, all in all, deterred the audience, and this is even before having read a single line of the script. And then there is Michael Kohlhaas.

 

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C’est une histoire qui prend racine durant le XVIème siècle, l’histoire d’un marchand de chevaux victime d’une injustice, d’un vol, de l’agression de l’un de ses valets, d’un meurtre. C’est l’histoire d’un homme qui décide de prendre les armes pour aller mater le baron qui lui a fait du tort. C’est l’histoire d’un marchand qui soulève le monde paysan contre les seigneurs trop gourmands.

 

It is a story rooted in the sixteenth century, the tale of a horse merchant victim of an injustice, of a theft, of one of his manservants’ attacks, of a murder. It is the story of a man who decides to take up arms to bring down the baron who has wronged him. It is the story of a merchant who stirs up the peasants against the overly greedy lords.

 

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Michael Kohlhaas, c’est avant tout un western ancré dans le moyen âge, un hommage aux cowboys sans chapeaux ni revolvers, ici c’est l’épée et l’arbalète qui font gicler le sang. C’est un western moyenâgeux qui s’installe sur la longueur, sur la langueur aussi, comme le faisait Leone. Les plans larges prennent leur temps, sans musique autre que le vent qui fouette le Vercors, la violence est suggérée plus que montrée, l’atmosphère est lourde, le silence pesant.

 

Michael Kohlhaas is first and foremost a western set in the Middle Ages; a homage to cowboys without either hats or revolvers, here it is the sword and crossbow that make the blood flow. It is a medieval western, which settles into the monotony, and the languor, as did Leone. The panoramic shots take their time, without music other than the wind whipping the Vercors, the violence is suggested rather than shown, the atmosphere is heavy, the silence weighty.

 

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Arnaud des Pallières signe un film muri depuis 25 ans et librement adapté de la nouvelle de Heinrich von Kleist écrite en 1810, où Mads Mikkelsen (Valhalla Rising, la série Hannibal) excelle dans un rôle froid, implacable, avec son français coupé par un accent danois puissant, qui campe un marchand de chevaux crédible, père d’une jeune Lisbeth (la superbe Mélusine Mayance) qu’il emmènera avec lui dans sa quête de justice.

 

Arnaud des Pallières directs a film that has been maturing for 25 years and which is loosely inspired by Heinrich von Kleist’s novel, written in 1810, in which Mads Mikkelsen (Valhalla Rising, the Hannibal series) excels in a cold and implacable role, with his French overladen with a strong Danish accent, portraying a credible horse merchant, father of the young Lisbeth (the superb Mélusine Mayance) who he will take with him on his quest for justice.

 

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Je peux comprendre que le rythme très lent du film puisse surprendre quiconque ne s’y attend pas, je peux comprendre également que le montage si particulier, si net, puisse en perdre d’autres. Mais la performance de Mads Mikkelsen, de Denis Lavant et des autres acteurs est parfaite jusque dans leurs silences. Les plans sont fabuleux, les plus longs font transpirer ce jeu d’acteurs si riche (la fin tout particulièrement, ou la longue tirade de Denis Lavant, théâtrale), si plein d’une violence qu’on ne voit pourtant jamais, tendue dans les gestes, dans les regards, dans les quelques mots échangés.

 

I can understand that the very slow pace of the film could surprise those who aren’t expecting it; I can also understand that the unusual editing, so clean, could lose others. But the performance of Mads Mikkelsen, of Denis Lavant, and of the other actors, is perfect, up to and including their silences. The shots are fabulous, the longest ones really testing the actors’ abilities (especially the ending, or Denis Lavant’s long outburst, very theatrical), so full of a violence that we never see, tense in the movements, in the looks, and in the few words exchanged.

 

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Michael Kohlhaas est particulier, inutile de le nier, il n’a de genre que le sien, et frôle par bien des aspects une maîtrise d’excellence. Mikkelsen est vibrant, les histoires qui se mêlent, si singulières, donnent une âme propre à ce film un peu à part, plus proche du cinéma nordique dans son épuration que de la richesse du cinéma français d’époque. Il n’y a pas de faste, pas de figurants à perte de vue, c’est un conte intime qui intègre de grands personnages à la manière d’un bon western.

 

Michael Kohlhaas is unusual, there is no denying it; it has no genre other than its own, and it brushes with a perfect command of certain features. Mikkelsen is vibrant, the stories that interlink so remarkable, giving a soul to this singular film, closer to Nordic cinema in its simplicity than the richness of French cinema of the time. There is no pomp, no extras from here to the horizon; it is an intimate tale which incorporates large characters in the manner of a good western.

 

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La saveur toute particulière de ce film ne correspondra pas à tout le monde, loin s’en faut, il suffit de voir les critiques pour s’en rendre compte, mais pour le spectateur qui entre dans l’univers conté par Arnaud des Pallières la puissance contenue dans tout le film fini de vous subjuguer bien après le générique, et le souffle du vent dans vos oreilles semble ne jamais retomber.

 

The particular flavour of this film will not appeal to everyone, far from it – you just need to see the criticisms to realise this; but for the spectator who enters into the universe spoken of by Arnaud des Pallières, the strength contained in the entire film ends up subjugating you long after the credits, and the whistle of the wind in your ears never seems to die away.

 

 

18/20

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