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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 11:39

Ceux qui veulent nier le passage du temps disent : quarante ans, ce n’est rien, à cinquante ans on est dans la fleur de l’âge, la soixantaine est la nouvelle quarantaine et ainsi de suite. Je sais pour ma part qu’il y a un temps objectif, mais aussi un temps subjectif… le vrai, qui se mesure dans notre relation à la mémoire. Alors, quand cette chose étrange est arrivée, quand les nouveaux souvenirs me sont soudain revenus, ça a été comme si, pendant ce moment-là, le temps avait été inversé… Comme si le fleuve avait coulé vers l’amont

 

une-fille.jpg 

 

Une fille, qui danse. Déjà le titre est étrange, que fait donc cette virgule à cet endroit… pourquoi cette découpe si particulière ? Rien que le titre m’interpelle. Julian Barnes livre une œuvre à la fois brève et intense, récit d’un sexagénaire, Tony, qui retrace sa vie, et plus particulièrement ses années universitaires, au détour d’une lettre reçue qui réveillera un passé oublié.

L’usure du temps tient là une place prépondérante, Tony revenant sur ses souvenirs au fur à mesure que sa mémoire lui revient, ne s’empêchant les nombreux parallèles entre la vie d’avant et celle d’aujourd’hui soumise aux révolutions électroniques, aux relations changeantes, aux discussions informatiques, aux échanges rapides qui n’existaient pas du temps de sa jeunesse.

Il est difficile de retranscrire les sentiments nombreux qui habitent le lecteur durant toute l’histoire, sorte d’autobiographie fictive aux allures d’enquête policière, mais jamais l’ennui ne vient se promener dans ces pages à la traduction superbe, à la lecture envoûtante, un rien philosophique, immensément nostalgique, et d’un réalisme profond. Pourtant, finalement, d’une simplicité remarquable.

Dans l’immensité redondante de ce genre de lecture introspective de vieillard, Une fille, qui danse, de Julian Barnes mérite amplement qu’on s’y arrête un instant, de s’y plonger jusqu’à la toute dernière page, celle de la révélation, celle de la réponse à une histoire parsemée de tristesse et d’humour.

 

Une fille, qui danse

De Julian Barnes.

Edité chez Mercure de France.

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toujours en quête d'évolution l'Arbremonde a décidé de devenir bilingue, du moins partiellement. En effet, avec l'aide d'Emily Kirby certains articles seront traduits en anglais, vous les reconnaîtrez au double titre (français et anglais), la version anglaise se trouvant toujours sous la version française. Les articles traduits sont choisis par Emily, qui a décidé de commencer par le Guide de survie en territoire zombie.

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